Millésime 2025 : bilan d’un printemps capricieux
On n’entre jamais dans un millésime en sachant ce qu’il va donner. Mais certaines années commencent par vous...
mai 13, 2026Le Domaine des Pierres Dorées est né d’une conviction simple : le vin blanc est l’expression la plus fidèle d’un terroir. Installés sur les coteaux calcaires de la vallée depuis trois générations, nous cultivons chaque parcelle avec la même obsession — donner au raisin le temps et les conditions pour dire exactement ce qu’il est.

Tout a commencé en 1962, quand Henri Marchand planta les premiers pieds de Chardonnay sur les hauteurs du domaine, sur une parcelle de trois hectares que les anciens du village appelaient La Roche Blanche. Le sol y est maigre, crayeux, presque ingrat en apparence. C’est précisément pour cela qu’Henri l’avait choisie. Un raisin qui souffre un peu cherche l’eau en profondeur, développe des racines longues, et remonte du sol des minéraux que l’on retrouve ensuite dans le verre — ce goût de pierre humide, de silex, de craie fraîche qui est devenu la signature de nos blancs.
Aujourd’hui, le domaine s’étend sur vingt-deux hectares. Quatorze sont consacrés au Chardonnay, notre cépage de cœur, vinifié en plusieurs expressions selon les parcelles : une cuvée de soif, fraîche et directe, élevée sur lies fines en cuve inox ; et une cuvée de garde, issue des vieilles vignes de La Roche Blanche, élevée dix mois sur lies avec bâtonnage hebdomadaire, capable de vieillir dix ans et de surprendre encore à vingt.

Quatre hectares sont plantés en Cabernet Franc sur les coteaux argilo-calcaires exposés au sud. Ce rouge de caractère, produit en quantité confidentielle, est notre second souffle — profond, épicé, tannique mais jamais austère. Il vieillit en cave de pierre pendant dix-huit mois avant d’être mis en bouteille sans filtration.
Les quatre derniers hectares donnent naissance à notre rosé de saignée — prélevé en début de fermentation de nos cuves de rouge, saumon intense, généreux et charpenté, taillé pour la table et non pour la décoration.

Nous avons arrêté les herbicides en 2019. Ce n’était pas une décision marketing — c’était une évidence que nous avions trop longtemps repoussée. Depuis, l’herbe repousse entre les rangs, les vers de terre sont revenus, les sols respirent. Le travail est plus long, plus physique, plus incertain. Les vins sont meilleurs.
La taille est manuelle, parcelle par parcelle, entre décembre et mars. Sur les vieilles vignes de La Roche Blanche, certains pieds ont plus de cinquante ans : ils sont taillés à l’œil, avec une attention que l’on ne peut pas confier à une machine. Les traitements se limitent au cuivre et au soufre. Certains millésimes difficiles nous ont coûté une partie de la récolte. Nous l’avons accepté.
Les raisins blancs sont récoltés à la main, en caisses de quinze kilogrammes, dans les premières heures du matin. Ils arrivent à la cave encore froids, et sont pressés immédiatement sur un pressoir pneumatique à basse pression pour extraire un jus clair, délicat, sans amertume. La fermentation se fait à basse température — entre 16 et 18 °C — pour préserver les arômes primaires, ces notes florales et fruitées qui disparaissent si vite quand la cave est trop chaude.
Nous ne cherchons pas à faire des vins parfaits au sens technologique du terme. Nous cherchons à faire des vins vrais — des vins qui sentent leur terroir, qui portent la mémoire du millésime, qui changent d’une année sur l’autre parce que la nature change. Un vin qui goûte toujours pareil n’est pas un grand vin. C’est un produit.
Le domaine est aujourd’hui conduit par Sophie et Thomas Marchand, petits-enfants d’Henri. Sophie gère la vigne et les vinifications — elle a fait ses classes à Beaune et à Montpellier, et a vendangé dans la Napa Valley et en Nouvelle-Zélande avant de rentrer reprendre le domaine en 2014. Thomas s’occupe des ventes, des visites et de l’export — une dizaine de pays reçoivent aujourd’hui nos bouteilles, du Japon à la Suède, en passant par la Belgique et le Canada.
Leur mère, Jacqueline, n’est jamais vraiment partie. Elle passe encore chaque matin dans les vignes, un sécateur à la main, et donne son avis sur les dégustations de cuve avec une franchise que les années n’ont pas émoussée. C’est elle qui, la première, sent quand un vin est prêt. Et quand il ne l’est pas encore.
Nous recevons sur rendez-vous toute l’année, et en visite libre les samedis de mai à octobre. Si vous venez, nous ouvrirons une bouteille. C’est la seule façon honnête de parler de ce que nous faisons.
Description du service viticulture.
Description du service vinification.
Description du service élevage.
Description mise en cave.
Description du service export.
Lun-Ven : 9h-18h
Sam : 10h-16h